L’affaire du « Black Friday » d’Isai Scheinberg

PokerStars, grand nom de l’industrie du casino en ligne, a connu dernièrement quelques situations troublantes. Son fondateur, Isai Scheinberg a été accusé d’avoir violé la loi de 1971 sur les jeux de hasard. De plus, celui-ci a plaidé coupable. En gros, il a avoué avoir dirigé un site de jeu en ligne illégal. Aujourd’hui, l’affaire est presque derrière Scheinberg et les joueurs de sa plateforme ont été remboursés presque immédiatement. Celui-ci a aussi tenu à rassurer les joueurs d’autres sites qu’il veillerait à ce qu’ils soient eux aussi remboursés. Faisons toute la lumière sur cette affaire. 

Situation actuelle

Après deux mois de garde fédérale, Isai Scheinberg, fondateur de PokerStars a plaidé coupable. Celui-ci a été jugé devant un tribunal fédéral de New York. Le chef d’accusation qui pesait contre lui était la gestion d’un site de poker en ligne illégal. Pour rappel, 11 personnes ont été poursuivies dans l’affaire du fameux « Black Friday » de l’univers du poker. Pendant près de 9 ans, Scheinberg a pu éviter les poursuites et a été le dernier à passer devant le tribunal. Celui-ci a toutefois directement accepté sa culpabilité. Pour beaucoup, cette affaire a fortement chamboulé l’industrie américaine du jeu en ligne. Face à ses aveux, Scheinberg, âgé de 73 ans, risque un emprisonnement de 5 ans. Jusqu’à l’heure, la condamnation du fondateur de PokerStars n’a pas encore été fixée par le juge Lewis A. Kaplan. Il faut aussi savoir que les 11 autres accusés ont tous plaidé coupables dans cette affaire. 

Une affaire qui a pris du temps

Aux Etats-Unis, parmi les plus grandes sociétés de poker en ligne figurent PokerStars, Full Tilt Poker et Absolute Poker. Malheureusement, il s’est avéré que depuis 2010, ces derniers fonctionnaient grâce à des services de traitement de paiements frauduleux. 11 personnes ont alors été accusées d’exploiter des entreprises de jeux illégaux et d’autres crimes. Malgré le laps de temps entre les débuts de l’affaire et le plaidoyer de culpabilité d’Isai Scheinberg, cela ne change en rien l’accusation. Chacune de ces 11 personnes est tenue pour responsable après avoir violé la loi américaine. Ils ont tous plaidé coupables. Ils ont donc, en d’autres termes, avoué qu’ils étaient au courant de ce qui se tramait. Ils savaient pertinemment que l’exploitation de sites de poker en ligne aux Etats-Unis violait la loi new-yorkaise et celle fédérale. Pour Scheinberg, cela ne l’a pas empêché d’opérer en continuant à offrir ses produits en ligne pendant un certain temps. Comme dit plus haut, c’est le seul jusque-là à ne pas encore avoir eu de condamnation fixe. Les autres accusés quant à eux ont tous écopé de peines de prison. Leur condamnation n’excède, toutefois, pas trois années derrière les barreaux. 

Retour sur le « Black Friday »

C’est le 15 avril 2011 que les choses basculent pour PokerStars, Full Tilt Poker et Absolute Poker. Cette date est particulièrement connue dans le monde du Poker pour être le « Black Friday ». Ce jour-là les actifs et domaines de ceux-ci ont été saisis par le gouvernement fédéral. A ce moment Scheinberg est accusé de fraude bancaire et de blanchiment d’argent. A cela s’ajoute l’accusation de violation de la loi sur les jeux d’argent sur Internet. Pour rappel, Isai Scheinberg est un homme d’affaires israélo-canadien. Suite à l’affaire, celui-ci reste sur la touche. Toutefois, sa société règle, avec le ministère américain de la Justice, la question des accusations civiles liées à l’affaire. En 2012, PokerStars se décide alors à payer 731 millions de dollars afin de conserver ses actifs. Le géant des affaires profite même de l’opportunité pour récupérer les actifs de son concurrent Full Tilt Poker. Ce dernier s’est rapidement incliné face aux accusations. En effet, il devait 400 millions de dollars à ses joueurs alors qu’il ne disposait que de 60 millions. PokerStars, disposant de la somme, a donc proposé un accord que Full Tilt Poker n’aurait pu refuser. Après plusieurs années de cavale, Scheinberg est arrêté sur le sol suisse en juin 2019. Ce n’est toutefois qu’en octobre que le tribunal ordonne son extradition vers les Etats-Unis. Bien évidemment, l’homme d’affaires a tenté de faire appel à la décision de justice. Ce n’est que le 17 janvier dernier qu’il accepte de se rendre aux agents américains. Malgré tout, celui-ci profite d’une libération sous caution, à hauteur de 1 million de dollars. Son passeport lui a aussi été retiré. Cependant, il est autorisé à voyager dans les districts de New York et Washington DC où sont ses avocats. 

Des stars à la recherche d’une méga-fusion

Face à toute cette agitation, Scheinberg et son fils Mark, n’ont eu de choix que de vendre PokerStars. En juin 2014, ils ont réussi à en retirer 4,9 milliards de dollars en le cédant à Amaya Inc. Aujourd’hui, l’ancien grand nom du casino est connu sous l’appellation The Stars Group. Cette dernière est considérée comme étant une société cotée en bourse et basée à Toronto. Avec des règlementations revenues à la normale, la société est alors autorisée à reprendre ses activités sur le sol américain. En mars 2016, TSG a même lancé son propre poker en ligne dans le New Jersey puis en Pennsylvanie. Fonctionnant bien, la société a même développé ses activités vers les paris sportifs. Un partenariat avec Fox Sports a également vu le jour. Dernier trimestre 2019, The Stars Group et Flutter Entertainment fusionnent pour 12,2 milliards de dollars. Il faut noter que ce dernier n’est autre que le propriétaire de Betfair et FanDuel. Cela va sans dire qu’une telle fusion donnera naissance au Goliath des jeux en ligne d’ici les approbations réglementaires. 

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